Chaos en Centrafrique : Moi Président, je mettrai fin à la Françafrique !

Sébastien Périmony

La Françafrique ! Ce mot qu’on utilise souvent sans réellement en comprendre le sens, ne désigne rien d’autre qu’une nouvelle forme de colonisation mise en place par l’Etat français depuis les guerres d’indépendance… et qui perdure encore aujourd’hui.

Oui, on peut dire que la France, pays des droits de l’homme, est toujours un Empire et que nombre de pays d’Afrique sont toujours des colonies. Le cas de la Centrafrique n’est qu’un cas particulier de la zone CFA.

Ainsi, comme le disait le grand économiste camerounais Joseph Pouemi, mort en 1984 dans des conditions « mystérieuses », « La France est (…) le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie, dans des pays politiquement libres. »

L’histoire de la Centrafrique est une succession de coups d’État, dont le plus célèbre reste celui de 1979, ayant évincé Jean-Bedel Bokassa, fait empereur avec l’aval de Giscard d’Estaing en échange de quelques diamants, puis renversé lorsque ce dernier chercha à diversifier ses relations (en particulier avec Kadhafi). Puis la France est intervenue militairement en 1996, en 1998, en 2003, en 2006 et 2007, à chaque fois pour soutenir le régime qu’elle avait choisi. Oui, tout cela est très choquant !

Aujourd’hui, les justifications données pour une énième intervention militaire sont incomprises par l’opinion publique qui sent qu’il y a anguille sous roche. La Centrafrique est emplie de richesses : diamants, bois précieux, or, uranium et pétrole.

Ironie du sort, la Centrafrique aurait dû être le cœur du projet Transaqua, qui prévoit la construction d’un canal de 2400 km du Kivu (RDC) à la République centrafricaine, où il rejoindrait le Chari pour alimenter le lac Tchad, aujourd’hui en train de mourir. L’idée est de créer un milieu de vie « le long du projet » et non simplement d’alimenter le lac en eau. Le projet Transaqua existe depuis 1982 et la Centrafrique est membre de la CBLT (Commission du bassin du lac Tchad) depuis 1964.

Oui, il est temps d’agir, car aujourd’hui la Centrafrique est dans une situation de chaos pré-génocidaire, comme le Rwanda au début des années 1990. Il est temps de jeter la Françafrique à la rivière, avec ses mallettes et ses valises, et d’arrêter de fermer les yeux sur la politique de nos gouvernements.

Exigeons, en adoptant la réforme financière proposé par Jacques Cheminade, le lancement de grands projets afin que notre armée, nos ingénieurs civils et militaires soient en Afrique pour construire une vraie sécurité grâce à des voies ferrées, des ponts, des routes et des ports…

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